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Article publié par Bethany Joy Lenz le 22 Septembre 2016

« Il y a une chose à savoir sur le fait d’intimider quelqu’un. On dit tous à quel point on déteste les tyrans, mais pourtant les gens les suivent comme un troupeau. Et surtout quand les tyrans sont dans des situations de pouvoir. Si vous êtes du bon côté du tyran vous vous sentez sûrement en sécurité et protégé. Bien sûr, nous voyons comment ils traitent les gens qu’ils ont dans leur ligne de mire, mais pas nous! Forcément! Et ils vont jusqu’au bout, pas vrai? Car ils sont tellement habitués que l’on ait peur d’eux qu’ils ont cette fausse image du pouvoir et ils respirent la confiance. On aime pas forcément la façon dont ils parlent de certaines personnes, ni leurs opinions excentriques, ou bien encore la façon dont ils prennent une personne à partie avec désinvolture, ou le plaisir qu’ils prennent à humilier les gens… mais on croit en leur capacité à s’imposer dans n’importe quoi. Ils semblent avoir la confiance et des aptitudes qui nous manque. Ils semblent l’avoir…

Même si on promeut le positif sur nos comptes instagram, on reste une culture qui permet à des magazines comme US Weekly ou à a des sites comme TMZ de marcher. Si on était pas si obsédés par le fait de se sentir mieux à propos de nous-mêmes tout en rabaissant les autres (ou en regardant quelqu’un d’autre rabaisser d’autres personnes) alors il n’y aurait plus de place pour des magazines people, ou pour les sites internet qui nous attirent et qui nous font cliquer pendant des heures- chacun promettant plus de choc que son concurrent- ou s’il n’y avait pas ces amis qui ne sont pas gentils, mais qui peuvent faire des choses pour vous; Ou bien s’il n’y avait pas ces gros tyrans promettant de tout arranger. Des gens comme Trump.

On récolte ce que l’on a semé les amis. Nous sommes une culture obsédée par l’envie d’être meilleure que cette autre personne. Vous pouvez penser que l’intimidation est totalement différente de cette chose désespérée en vous qui s’effondre quand la vie d’un autre semble meilleure sur instagram. Mais est-ce différent? Un tyran a besoin d’être meilleur qu’un autre, a besoin de surpasser et d’impressionner. Bien sûr, vous pouvez faire en sorte que cette jalousie instinctive devienne une jalousie reconnaissante qui vous motive à être la meilleure version de vous-même. C’est le choix idéal non? Ne pas vous comparer à quelqu’un d’autre… mais c’est le choix le plus difficile. Et le choix le plus facile- se comparer et se plaindre- c’est juste de s’asseoir, tel un fruit suspendu qui attends d’être cueilli. Tous ces magazines près des caisses au supermarché, être tout le temps en train de regarder les fils d’actualités sur les réseaux sociaux… On a cultivé cette façon d’intimider dans une forme artistique. On n’appelle même plus ça de l’intimidation d’ailleurs. C’est juste des « commérages ». C’est rigolo! Des émotions fortes bon marché! Les célébrités se mettent dans une situation pour être jugées, donc c’est un jeu équitable!

Laissez-moi vous demander quelque chose, quand vous êtes à fond avec vos torchons et vos potins, comment voyez-vous ensuite les gens autour de vous? C’est un peu plus facile de parler d’eux de la même façon dont vous parlez de (insérez le nom de n’importe qui qui est connu ici), n’est-ce pas?

J’ai arrêté de lire des magazines people qui sentent le réchauffé il y a six ans. C’était dur car ils étaient partout dans les loges maquillage et coiffure sur le tournage de la série dans laquelle j’étais. Je voulais SAVOIR, je voulais être dans le coup, avoir une opinion, et que les gens m’incluent! En fait c’était vraiment dur au cours des premiers mois. Mais je savais pourquoi j’arrêtais. Je ne pouvais pas accepter le fait de régresser vers une mentalité de commérages en harmonie avec ma conscience après avoir appris la mort d’un garçon du New Jersey qui avait été humilié. Tyler Clementi. Il y a six ans aujourd’hui Tyler s’est suicidé car quelqu’un voulait se sentir mieux en rabaissant Tyler plus bas que terre. Il pensait probablement que c’était hilarant, de filmer la première expérience sexuelle de Tyler. Il pensait certainement que c’était juste une blague.

Pourquoi quiconque penserait cela à moins que leur culture perpétue cette idée que les humains sont des objets? Tyler était juste un objet pour ce brute pour en arriver au point de publier la vidéo sur Facebook, et au point de l’humilier de manière plus qu’incompréhensible. Mais ça fait six ans maintenant. Tyler a été oublié par les médias qui l’ont défendu en masse. Les mêmes médias qui avaient tous ouvert les portes pour que ce brute pense que ce soit complètement normal de faire ce qu’il a fait.

J’ai copié et collé mon article de 2011 sur la mort de Tyler. J’espère que ça vous inspirera. J’espère que vous vous souviendrez du prénom de chaque enfant qui s’est suicidé ou qui a été tué à cause du harcèlement et que ça vous arrêtera net à chaque fois vous penserez ne serait-ce qu’une seconde à acheter ces torchons ou à cliquer sur leurs sites et que ça vous fera arrêter de les lire aujourd’hui et pour le reste de votre vie. Je l’espère vraiment. »

« L’épidémie américaine des commérages

J’ai vécu la deuxième moitié de ma vie d’adolescente dans une petite ville appelée Ridgewood, dans le New Jersey. Ma maison étant dans la ville d’à côté, la plupart de mes après-midi et mes soirées, je les passais au cinéma, au Starbucks et à la boutique vintage derrière les voies de chemin de fer de Ridgewood. J’ai vécu de nombreux moments importants de mon enfance là-bas; des escapades nocturnes pour acheter des glaces à TCBY avec maman, des séances de 5 heures d’écriture (de mon premier script) chez Starbucks, des baisers d’adolescents, du shopping avec des amis proches, et des pauses glace après les cours chez Haagen Daaz. Je suis allée à ma première soirée avec de l’alcool à Ridgewood. Je faisais des soirées pyjames et des séances de devoirs intensifs, j’allais à des matchs de football et trainais avec un groupe de jeunes, je vivais des journées où j’avais l’impresison d’être au sommet du monde, et d’autres où je voulais disparaitre sous terre- de la façon la plus normal pour un jeune de 16 ans. Ma vie était très ordinaire à cet égard. Il y a eu et il y aura tellement d’ados du New Jersey qui éprouvent ces choses dans cette petite ville. L’un de ces adolescents était Tyler Clementi.

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À seulement 18 ans, et étudiant de première année à l’université Rutgers U, Tyler a ressenti cette vague de désespoir que beaucoup d’entre nous avons ressenti lorsque nous étions victimes d’intimidation, humiliés, rejetés et exposés, et Tyler a décidé qu’il ne pouvait plus le supporter.

Vous êtes sans doute au courant de son suicide. Ca a été partout dans les infos ces derniers jours. Ca m’a brisé le cœur d’entendre parler de lui, puis de découvrir que c’était un enfant de Ridgewood, qu’il avait marché dans les mêmes rues que moi, qu’il avait vu des films dans ce cinéma et probablement qu’il avait une boisson préférée qu’il commandait chaques fois qu’il allait au Starbucks adjacent où il devait, sans doute, passer du temps assis à rire avec des amis après les cours ou faire les devoirs… ça m’a frappé au plus profond et m’a rappelé mes années d’adolescence et combien elles étaient difficiles. Pas difficile parce qu’elles sont survenues dans des circonstances extraordinairement terribles; difficile parce que… c’est juste vraiment, vraiment difficile d’être un adolescent.

J’étais une enfant assez solitaire. J’avais beaucoup déménagé et je me liais parfois plus facilement aux adultes parce que j’avais grandi dans l’industrie du divertissement. J’étais toujours la fille qui se faisait embêter parce que j’étais excentrique. Je portais des vêtements voyants, je chantais tout le temps, j’étais une je-sais-tout, et j’avais de la nourriture bizarre (mais délicieuce) dans ma boîte à repas. Quand je suis arrivée au New Jersey je venais du Texas, et mon accent du Sud ne m’a pas aidé non plus. En gros, je voulais désespérément que les gens m’aiment, mais j’étais terrifiée à l’idée de les laisser s’approcher. Je n’ai jamais été une de ces filles « populaires » – elles étaient toujours méchantes. Je suppose que je flottais entre différents groupes. Il y avait un petit groupe de filles au lycée qui me laissaient traîner avec elles. Elles étaient gentilles et, bien que je ne me suis jamais senti totalement l’une d’entre elles, je me sentais en sécurité. J’ai eu une meilleure amie, Jenny, à qui je parle encore, il y avait un garçon (comme il y en a toujours) et j’avais mon groupe de jeunes. La plupart des enfants dans le groupe de jeunes étaient gentils avec moi- surtout, je crois, parce que c’était le truc « chrétien » à faire. Néanmoins, je suis reconnaissante pour ça. Ma solitude a été assouplie au cours de ces années par une petite poignée d’enfants qui ont eu la gentillesse d’être aimable avec la fille bizarre, mais c’était quand même difficile-et c’était avant ce que j’appelle l’épidémie de ragots américaine.

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(Photos du magasine People en 1995 et en 2010)

A l’époque, dans les années 90, internet était un gadget nouveau et étonnant et certainement rien de plus qu’un outils de réseautage social. Les tabloïds parlaient surtout de bébés chauve-souries et d’aliens. Le magazine People contenait quelques articles avec des potins, mais surtout plein d’histoires d’intérêt humain, et Entertainment Tonight, plus de pubs que d’enquêtes profondes et personnelles des célébrités, et c’était considéré comme une émission people trash (c’était au moins le cas chez moi). Et puis, soudain, quelqu’un a créé le concept de « télé réalité »… on pouvait passer notre temps à regarder la vie de quelqu’un d’autre être détruite et, du coup, on trouvait notre vie meilleure. C’était un sujet de conversation à la pause café. C’était innocent, on disait- un « plaisir coupable ». Des émissions comme Big Brother (équivalent de Secret Story) & The Bachelor ont gagné en popularité et, vite, des variantes trashs et moins cheres ont commencé à voir le jour sur internet et la télé. Puis les tabloïds ont compris que les gens voulaient voir plus de carnage ! Le mariage de qui bat de l’aile ? Qui est secrètement gay ? Qui a un trouble de l’alimentation ? Qui est outrageusement grosse (même si elle fait du 38) ? C’est devenu un Colisée virtuel pour une société moderne.

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Et ça ne nous perturbait pas. C’était un moyen de s’échapper pour nous. Une façon de ne pas penser à quel point c’était mauvais. Donc, la demande a surpasser l’offre, et année après année, nous avons cédé. Ce qui était autrefois une discution sur le divorce de la duchesse de York s’est transformé en commentaires quotidiens sur les vagins des célébrités et leur derniers dérappages, et les opérations esthétiques ratées des enfants actrices.

Est-il étonnant que les adolescents d’aujourd’hui soient si désensibilisés ? On leur dit que l’humiliation est normal… acceptable même, comme une forme de divertissement personnel ! « C’est juste un peu de commérage », on dit, « ça ne fait de mal à personne. »

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Eh bien, vous savez quoi? J’en ai marre. Ca fait vraiment du mal aux gens. Ça a fait mal à Tyler Clementi. Ça a fait mal à Matthew Shepard. Ça a fait mal à Hope Witsell et Jessie Logan, deux jeunes filles qui, dans des cas indépendants, se sont suicidées après que des photos intimes aient été diffusées par des ex-petits amis. Ça a fait mal à Phoebe Prince (sur la photo) qui avait 15 ans quand elle est devenue la cible de rumeurs sexuelles en classe et en ligne et qui s’est suicidée. Il y a des tas de personnes dans ce cas. Et vous savez qui d’autre ces ragots ont blessé ? Des gens comme Lindsey Lohan, Paris Hilton et Britney Spears- Je me fiche que vous pensiez qu’elles l’ont provoqué- ça les blesse vraiment. Ces jeunes femmes ont été données en pature par leurs parents et les médias, et ce n’est que le début.

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Mais vous n’êtes pas obligés de participer à ça ! Notre société fonctionne sur l’offre et la demande. Si vous arrêtez de demander, ils arrêteront d’offrir. La seule façon de changer le monde c’est étape par étape. Le seul moyen d’arrêter le massacre émotionnel qui est virale chez nos jeunes c’est VOUS, en provocant un changement dans votre propre vie. Cessez d’acheter des magazines trashs. Arrêter de regarder TMZ et d’aller voir des sites people. Arrêtez ! C’est un état d’esprit de flemmard et nous contribuons tous à ces suicides et humiliations à chaque fois que nous choisissons de prêter attention à ces torchons.

Nous valons mieux que ça. Nous sommes intelligents, dynamiques, et intéressants. Nous avons des profondeurs incroyables à nous offrir les uns les autres. La prochaine fois que vous faites la queue à la caisse du magasin et que vous prenez un de ces torchons à ragots, s’il vous plaît pensez à Tyler Clementi. Il peut ne pas avoir été célèbre, mais il a été victime de la déviance élevée dans notre société par ce magazine même que vous tenez dans vos mains.

Je pense à l’époque où je me balladais dans les rues de Ridgewood où Tyler marchait autrefois. Je me souviens de la douleur que j’ai ressenti quand j’étais adolescente et qu’une rumeur au sujet d’un garçon que j’aimais bien avait circulé, ou qu’un mot que j’avais écrit avait été lu par les mauvaises personnes- et c’est du pipi de chat comparé aux photos et vidéos de nus. On n’avait pas internet à l’époque pour diffuser tout ça au monde entier- Dieu merci ! 50 personnes c’était suffisant ! Je ne peux même pas imaginer essayer de me réveiller et aller en cours après qu’on m’ait humiliée dans le monde entier de la façon dont les jeunes le sont aujourd’hui.

Si vous êtes ados, je n’envie pas votre douleur, mais je vois la chance incroyable que vous avez de changer ce qui vous entoure. Vos parents ne sont pas parfaits, personne ne l’est, et si ils ne vous apprennent à être gentils alors apprenez-vous-le à vous même. Assumez vos mots, vos pensées et vos actions et faites de ce monde un endroit meilleur que celui qu’on vous a laissé. S’il vous plaît.

Il faut bien commencer quelque part. »

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