« La sécurité d’abord »

Article publié par Bethany Joy Lenz le 15 Novembre 2016

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Chères-personnes-ennuyées-par-les-épingles-à-nourrice,

Vous n’êtes pas marginalisés. Asseyez-vous.

Je comprends tout autant que vous, ces cœurs saignants dont le sens de la valeur vient de se rallier aux causes à la mode. Oui, ils le font surtout pour eux-mêmes; Ils veulent que tout le monde sache qu’ils sont cools et libéraux et la plupart d’entre eux vivent probablement dans des villes très bourgeoises où il n’est même pas nécessaire de porter l’épingle à nourrice parce que la majorité de la population de la région est libérale et représente une « zone de sécurité » pour les minorités.

Pouvez-vous imaginer, cependant, vivre en Amérique rurale et avoir peur parce que la moitié de notre pays vient de prouver que la misogynie, le racisme, le sectarisme, les crimes haineux, la culture du viol et l’homophobie sont des choses acceptables ? Juste un moment, même si vous pensez que c’est de la foutaise, mettez-vous dans la peau de quelqu’un qui a peur en ce moment à cause de la personne qui vient d’être élu président et à cause de la haine ouverte qu’on commence à rapporté jour après jour… attribué à ce président élu.

Vous pensez que c’est ridicule, vous pensez que ce sont des pleurnicheries de la génération Y (croyez-moi, j’aurais beaucoup à dire sur la génération Y, mais ce n’est pas le sujet), vous pensez que c’est mal de perdre et d’alimenter une peur irrationnelle… Mais pourtant, pouvez-vous éprouver de la compassion parce que la peur est réelle pour EUX ? Si vous avez voté Trump et que vous n’êtes ni raciste, ni sectaire, ni homophobe, et ni misogyne, pourquoi ne portez-vous pas une épingle à nourrice ? Pourquoi, vous les évangélistes qui pensez que le parti républicain est le parti chrétien, n’appliquez pas un peu de bonne parole en ce moment et ne vous faites vous pas une putain de tenue complète en épingles à nourrice. Vos bras devraient être plus ouverts que ceux de n’importe qui.

Savez-vous combien cela signifierait pour l’immigrant au Kansas qui nettoie votre table, pour une adolescente enceinte en Caroline du Nord incertaine de quoi faire, pour les 25 étudiants noirs dans votre école composée de 90% de blancs, ou pour votre voisin musulman dans le Missouri, de pouvoir vous considérer comme un ami, comme quelqu’un qui ait de la compassion ? Et que diriez-vous de la femme qui doit rentrer seule chez elle le soir sachant que le chef de notre nation tolère et participe à l’agression sexuelle ? Peut-être que votre épingle à nourrice lui permettrait de savoir qu’elle peut marcher du côté de la rue où vous êtes.

Oubliez les tendances-sombres. Êtes-vous une personne assez sûre pour que les gens aient envie d’entrer en contact avec vous ? Si vous l’êtes, faites-leur savoir.

Cordialement,

Bethany Joy Lenz

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